Et l’on se prend, à ce dégoût d’un début de siècle, à envier ce bon prêtre qui s’interrompt de son travail, pour essuyer ses besicles de corne, dans le grand silence de ces murs de pierres sourdes, seulement rompu par les soupirs fatigués du bois.
Comme tout cela nous met loin !
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Ce pauvre Saint-Germain-l’Auxerrois, quand on songe qu’il fut un des sanctuaires les plus opulents et les plus renommés de Paris ! Paroisse des rois de France, logés en face de lui, au Louvre, il prêta, le 24 août 1572, ses cloches pour sonner l’hallali de la partie de chasse de la Saint-Barthélemy et, le dimanche de l’an 1594, Henri IV y donna le pain bénit et suivit, une palme au poing, la procession qui se déroulait dans les bas-côtés de la nef et du chœur.
C’est dans cette même église, devant ce même roi, assis, cette fois, au banc d’œuvre, que le grotesque P. Valladier, dont les sermons sur l’avent, prêchés à Saint-Germain-l’Auxerrois, furent publiés sous le titre de la « Sainte philosophie de l’âme », osa prononcer l’indécent panégyrique des appas de Marie de Médicis.
Il les divise en trois étages. Après avoir parlé du premier, c’est-à-dire du visage qu’il compare à toutes les fleurs et à toutes les gemmes, il passe au second, à la gorge de la reine qu’il traite de deux fontaines cristallines de lait, deux magasins de mannes, deux sources d’ambroisie, deux fontaines de nectar, deux cannes de sucre, deux cruches de miel, deux plantes de baume, deux montres de l’horloge intérieure, deux bastions et remparts du cœur, puis il descend…
Encore qu’il fût épris des gaudrioles, l’on se demande vraiment ce que le Vert-Galant dut penser de ce genre de prêche…
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Après ces deux dates de 1572 et 1594, glorieuses si l’on veut, d’autres se succèdent moins carillonnées par la bienveillance de l’Histoire.