1617, année pendant laquelle une populace furieuse déterre le cadavre du maréchal d’Ancre inhumé dans un caveau de l’église sous la tribune de l’orgue et le coupe en petits morceaux. Le cœur fut rôti sur des charbons et mangé publiquement par un homme ; les entrailles furent jetées dans la Seine et les restes brûlés sur le pont-neuf devant la statue d’Henri IV. Le lendemain, l’on vendit les cendres un quart d’écu, l’once ; et les oreilles, que l’on avait mises à part furent payées fort cher par un amateur.
1665, année où eut lieu l’ostension des reliques de sainte Reine sur le maître-autel de Saint-Germain-l’Auxerrois.
Anne d’Autriche avait commandé à un orfèvre de Paris un reliquaire d’argent pour y déposer l’os du métacarpe de cette sainte, dont elle désirait faire présent à l’hôpital d’Alise. Quand le travail fut terminé, la reine voulut que son église paroissiale profitât, la première, des grâces dévolues à ces glorieux détriments et elle en ordonna l’exhibition pendant la durée de trois neuvaines.
« Une infinité de personnes de toutes conditions », disent les textes, se rendit à Saint-Germain, pour prier devant ce reliquaire.
Or, la spécialité de sainte Reine, — qui fut celle aussi de saint Job — était la guérison des maladies secrètes. Comment et pourquoi ? Un vieil auteur, au nom prédestiné de Méat, tente de nous l’expliquer dans un livre intitulé « La fille héroïque ».
« Deux contraires, raconte-t-il, ne sauraient souffrir dans un mesme sujet et ils sont tellement opposez qu’ils se persécutent continuellement et ne cessent jamais leur combat, qu’après que l’un d’eux a obtenu la victoire sur son ennemy. C’est pourquoy je cesse mon étonnement quand je considère l’opposition qu’il y a entre la chasteté et ce vilain vice. Sainte Reine, qui avait eu très grand soin de conserver sa pureté pendant sa vie, n’a pas voulu après sa mort, que les impurs s’approchassent de sa fontaine sans estre nestoyez de leurs ordures. De là vient que, quand ils boivent de cette eau, avec confiance, ils s’en retournent avec joye de ce qu’ils sont délivrés de ces maux estranges qui, sans ce divin remède, dureraient aussi longtemps que leur vie. »
L’Histoire ne nous narre pas si les malades qui vinrent implorer la sainte à Saint-Germain-l’Auxerrois, guérirent. La fontaine, il est vrai, dont parle Méat et qui servait et qui sert encore, dans le village d’Alise, d’excipient aux cures, n’y coulait point, mais à défaut de l’eau miraculeuse, les Parisiens avaient la ressource d’invoquer, en sus de la bonne Déicole de la Bourgogne, le grand thaumaturge, Bourguignon, lui aussi, guérisseur de tous les maux, le patron du sanctuaire où ils priaient, saint Germain d’Auxerre.
1831. L’église fut, le 14 février, envahie par le peuple, sous le prétexte que l’on y célébrait une messe anniversaire pour le repos de l’âme du duc de Berry.
Ce fut une très ridicule aventure. Le service funèbre s’était terminé vers midi et demi. Après l’absoute, le curé s’était retiré, lorsque quelques royalistes échauffés s’avisèrent d’attacher sur le catafalque une lithographie du duc de Bordeaux, une croix de Saint-Louis et une couronne d’immortelles jaunes et noires.
Le bruit se répandit aussitôt au dehors que les Henriquinquistes préparaient un coup d’état, promenaient dans l’église un buste du prince et y déployaient des drapeaux blancs ; et sans en demander plus, la plèbe se rua dans le sanctuaire et y saccagea tous les objets du culte.