—Mais… les Kabyles? ajoutai-je, non sans un peu d'embarras.
—Ils vous offriront la diffa [Repas des hôtes.].
—Et la nuit? nous n'avons pas de tentes.
—Vous dormirez dans un village, chez un caïd [Juge de paix.], ou chez l'amin [Maire.].
—Et nous pourrons dormir tranquilles?
—Oui, si les puces ne vous tourmentent pas trop.
—N'aurons-nous pas d'autres ennemis à craindre?
Le jeune Kabyle parut blessé autant que surpris de ma question:
—Est-ce qu'en France on tue les hôtes? s'écrie-t-il; en Kabylie, ils sont sacrés, et voici ce que porte le kanoun [La charte.] de mon village: «Tuer son hôte pour le voler est un crime qui ne peut s'expier que par la lapidation. Tous les biens du coupable sont confisqués. Sa maison sera détruite de fond en comble.»
—Quelques tribus pourtant, les Mlikeuch entre autres, passent pour être des voleurs et des assassins.