V
INFLUENCE DES ASSEMBLÉES
SUR LE GOUVERNEMENT MUNICIPAL

1. Consuls. Les anciens au conseil de ville. Les consuls et conseillers aux consistoires extraordinaires. Influence réciproque. La police faite par le consistoire. Pension payée par la ville à l’église.

2. Magistrats. Moins soumis que les consuls. Leur ingérence dans les affaires ecclésiastiques. Mesures de résistance. Ils assistent aux consistoires extraordinaires. Ils exécutent des décisions consistoriales. Juridiction du consistoire. Protestation des magistrats (1562).

Conclusion. La théocratie nîmoise. Influence personnelle des pasteurs et anciens.

A priori, le consistoire de Nîmes semble devoir exercer une influence politique puisque la ville est gouvernée par des consuls et des magistrats protestants. Ceux-ci sont parmi ses administrés: ils ont donc à répondre de leurs actes devant sa juridiction. De plus, comme tout bon réformé doit travailler à la grandeur de son église, ils sont sujets à réprimandes lorsqu’ils gouvernent ou jugent d’une façon non profitable aux intérêts de la Religion.

Mais il faut montrer dans quelle mesure s’exercent ces influences ecclésiastiques.

Les consuls de Nîmes, élus chaque année, avaient dans leurs attributions d’ordonner la police de la ville, de régler ses finances et de préserver les intérêts communs. Ils étaient assistés par un conseil de ville renouvelé aussi tous les ans, et qui pouvait se renforcer «extraordinairement» de notables. Consuls et conseillers étaient toujours protestants, parce que les réformés étaient en très grande majorité dans la cité[532].

Or, il faut remarquer tout d’abord que le consistoire et le conseil de ville sont en communication constante. Des anciens et des pasteurs sont très souvent députés par l’assemblée ecclésiastique pour soumettre au conseil les difficultés qui peuvent survenir à propos des affaires de l’église (comme, par exemple, la levée des impositions, pour l’entretien des ministres[533]). D’autre part, les consuls assistent toujours aux consistoires extraordinaires[534]. On peut donc supposer qu’il y a entente entre les conseils ecclésiastique et politique de la ville.

Dans certaines localités moins importantes, cette entente est évidente. A Aimargues[535] et à La Salle[536], on trouve, en effet, que des habitants cumulent les fonctions de consul et d’ancien. Au Vigan, l’avertisseur, sonneur de cloches, homme de peine du consistoire, est en même temps «valet des consuls[537]».