— Déshabille-moi, dit-elle en s’étendant sur les coussins.

Il fut à ses genoux et la dévêtit lentement, couvrant son corps de baisers fiévreux. A son tour, elle arracha ses vêtements, abandonnant toute pudeur dans le besoin frémissant qu’elle avait de lui.

L’odeur fauve de leurs deux corps se mélangea pour n’en faire qu’une où pointait un parfum d’ambre brûlé. Elle s’employa, malgré le vertige de ses sens, à différer son plaisir pour attendre le sien. Ils connurent ensemble le bon anéantissement et des minutes passèrent qui leur semblèrent des heures avant qu’ils ne revinssent à eux.

Alors il parcourut tout son corps tendu, de baisers savants, quittant la bouche, pour le creux délicat de l’oreille, s’attardant aux seins, descendant ensuite vers la région d’ombre chaude dont l’attirait le secret. Elle gémit, implora puis se livra dans un ravissement de toute sa chair extasiée.

Puis elle l’attira à elle et osa, avec d’adorables maladresses de débutante, des caresses analogues. Et, soudain, elle se ressaisit. Qu’allait-il penser d’elle ?

Mais, maintenant, il l’avait prise dans ses bras. Il la berçait et les lèvres sur ses cheveux, la dorlotait comme un enfant malade.

Alors, elle eut une confiance absolue, irrésistible en lui. Elle lui dit, sans en omettre un détail sa vie, sa misérable vie.

Elle sentit, dans un triomphe de tout son être, que ses yeux fuyants de mauvais sujet se mouillaient de larmes.

— Ma pauvre petite gosse ! dit-il.

Mais elle :