Les enfants vinrent: Marie, Jacques, puis Georges. Les deux aînés moururent.—Si je les avais eus plus tôt, ce qu’ils seraient maintenant!—disait Alice.
Ces maternités tardives, au lieu d’épanouir Mme Aymeris, l’épuisèrent. «Les fruits de l’arbre vétuste tombèrent au premier souffle de l’aquilon,» écrit mon ami quelque part, dans le ton de l’époque.
Au début de son journal, Georges évoquait la maison de ses parents vers 1868. Il se voyait entouré de vieillards. Père, mère, tantes, Mme Demaille, la marraine de Marie, Nou-Miette, les serviteurs, Miss Ellen, étaient pour lui des centenaires. Quand Georges demanda pourquoi Amable, la doyenne des Aymeris, qui l’avait tant gâté, était morte, on lui avait répondu:
—Parce qu’elle était très vieille.
—Quel âge?
—C’était une centenaire.
—Une centenaire, qu’est-ce que c’est?
—Une centenaire, c’est quelqu’un qui a vécu un siècle.
—Qu’est-ce que c’est, un siècle? C’est vieux?
Et Mme Aymeris, à bout de ressources, eut recours à une image.