Un bûcheron s'avança:
—Au nom de tous, dit-il, après avoir consulté du regard les autres prisonniers, au nom de tous, monsieur Riquet, je vous le promets.
—Sergent, faites ouvrir les rangs, commanda Riquet, et laissez ces gens en liberté.
—Vive monsieur le baron! crièrent les paysans, tandis que les femmes, pleurant de joie, entouraient Riquet en le comblant de bénédictions.
Riquet rendit le poupon à Germaine:
—Soignez bien votre mari, lui dit-il, il paraît malade et blessé gravement.
—Oh! il l'a bien mérité, celui-là, murmura Pierre en grognant.
—Sergent, amenez vos hommes au château, on vous indemnisera de vos fatigues, dit Riquet en s'adressant au bas-officier, et s'apprêtant à s'éloigner, au milieu des cris mille fois renouvelés de vive monsieur le baron. Il ajouta en riant:
—Tandis que vous y êtes, si vous criiez aussi vive le canal!
Et une acclamation lui répondit!—Vive monsieur Riquet! Vive le canal du Languedoc!