—Un orage! de l'eau enfin! murmura-t-il. Comme cela me fait du bien.

Et accoudé, il regarda avidement cette eau qui semblait le faire renaître.

Elle descendit ainsi longtemps; à la fin Riquet, lassé mais rafraîchi, s'endormit d'un sommeil paisible.

—Mademoiselle, déclara le médecin, après avoir tâté le bras de Riquet et considéré attentivement sa physionomie reposée, une détente s'est opérée, le pouls est calme, il est sauvé!

—Dieu soit loué! répondit Marie avec ferveur. Fermez la fenêtre, monsieur. Maintenant expliquez ce qui vient de se passer à maman qui nous regarde avec des yeux agrandis par l'étonnement, continua la jeune fille riant de joie. Et dans un envolement, elle sortit disant:—Moi je vais relever ce brave Pierre de son rôle de cataracte.

Pierre, sur l'ordre de Marie, avait mis à la chaîne tous les valets, les uns tirant de l'eau au puits, les autres se passant les seaux de mains en mains à travers l'escalier et les lui tendant par les lucarnes des mansardes, pendant que, juché sur le toit, il versait sur les ardoises cette eau bienfaisante qui se précipitait, jaillissant sur le balcon, et procurait ainsi à son maître l'illusion de cette pluie que, dans son délire, il appelait avec anxiété.

Une idée ingénieuse venait de sauver Riquet.