—Si je ne suis plus là, murmura-t-il, mon œuvre sera achevée, malgré tout.

Il enveloppa son fils d'un long regard.

—Tu m'offrais ton concours tout à l'heure, Mathias, lui dit-il.

—Oui, monsieur, je suis prêt à vous servir, à vous aider, à vous épargner la fatigue, si je le puis.

—J'accepte ton offre, mon cher fils. Mais je ne te demande pas ton aide temporaire, je veux t'associer à mon œuvre.

Le veux-tu?

N'est-ce pas beaucoup te demander, que de t'éloigner de Toulouse et de fonctions au parlement qui te plaisent. Vois-tu, Mathias, cette maladie m'a abattu, elle peut se reproduire. Il faut que, moi mort, mon œuvre ne périsse pas avec moi: et, si je ne suis plus là, il faut qu'un Riquet achève ce qu'a commencé un Riquet.

—Je vous comprends, mon père, je suis à vos ordres. Dieu vous laissera à nous de longues années encore, je l'espère; mais si mon concours vous peut être utile dès à présent disposez de moi, mon père, me voici.

—Merci, Mathias, fit Riquet, en serrant la main de son fils; assieds-toi là et dépouillons vite ensemble cette volumineuse correspondance.