A quelques jours de là, il fut repris de spasmes plus violents que d'habitude, d'où il sortit abattu et sans forces. Il dut s'aliter.

Sur son lit, il s'occupait encore de son canal, mis au courant, jour par jour, de l'état des travaux.

Enfin, quand il sentit le mal le plus fort, il éloigna de ses yeux ses chers plans, et les tendant à son fils Mathias qui ne le quittait pas:

—Mon fils, lui dit-il, je vous en supplie, achevez mon œuvre consciencieusement, c'est la fortune pour les vôtres, c'est la gloire pour notre nom.

Nous y laissons notre bien, qu'importe! tout sera réparé une fois le canal achevé; n'oubliez pas, Mathias, la recommandation de votre père mourant.

—Mon père, répondit Mathias, comptez sur moi: le canal de Riquet sera terminé dans les délais promis, je vous le jure.

Riquet espérait encore qu'il vaincrait la maladie, lorsqu'il comprit que c'en était fait, et qu'elle était plus forte que son énergie. Il eut alors un moment de révolte atroce contre la destinée.

Un instant, son courage l'abandonna.

La nuit, son fils et le fidèle Pierre, qui le veillaient, l'entendirent se débattre.