1619 — COLBERT. — 1683

Sévère pour lui-même, il était exigeant pour ses commis; son accueil froid et silencieux était l'effroi des solliciteurs, dit Guy-Patin[5].

Une application infinie et un désir insatiable d'apprendre lui firent, en quelque sorte, se refaire lui-même son éducation.

Il voulut, alors qu'il était ministre, apprendre le latin; ce fut Jean Gallois, fondateur du journal des savants, qui lui enseigna cette langue.

Colbert, contrôleur général, s'intéressait à tout ce qui pouvait augmenter la grandeur de son pays. Il s'occupa d'ouvrir à la France de nouvelles sources de richesses.

La paix lui permettait alors de se livrer aux entreprises qu'il rêvait, propres à relever l'industrie et à étendre le commerce. Il appela des pays étrangers des manufacturiers les plus habiles: Van-Robais des Pays-Bas, qui fonda des fabriques de draperies fines; Hindret, qui créa de nombreux ateliers de bonneterie.

Six ans après l'entrée de Colbert au ministère, quarante deux mille métiers fabriquaient en France de beaux draps, à la place de ces draps épais et communs que portaient nos aïeux.

Nos dentelles à Alençon, nos soieries à Lyon, nos glaces dans le nord, nos armes blanches, rivalisèrent bientôt avec les produits similaires de l'étranger, et nous n'étions plus tributaires de l'Espagne, de l'Italie et de la Hollande.