Alors, sur un signe de Pierre, les vannes s'ouvrirent et l'eau de la Garonne, se précipitant à flots pressés, commença à couvrir le fond du sas.

Pendant ce temps, les bateaux aux tendelets à crépines d'or, composant la petite flottille, s'avançaient en se balançant sur le fleuve.

Des conseillers au parlement, des capitouls y prirent place.

Une petite barque montée de deux hommes seulement, un rameur et un barreur, se tenait en tête, près des portes de l'écluse.

C'était Riquet à qui appartenait bien l'honneur d'entrer le premier dans le canal.

Le niveau s'était établi, les écluses tirées par les chaînes s'ouvrirent lentement et toute la petite flotille s'engouffra dans le canal, au bruit des fanfares, des tambourins, des galoubets et du cri sorti de toutes ces poitrines haletantes: Vive Riquet! Vive le canal du Languedoc.


CHAPITRE DIXIÈME