Riquet soulageait ainsi, souvent, bien des misères, mais il ne pouvait les connaître toutes et encore moins les secourir.
Les impôts, à cette époque, étaient bien plus lourds qu'ils ne le sont à présent. Non que chaque famille, en général, payât alors beaucoup plus qu'elle ne paie aujourd'hui, mais ils étaient bien plus inégalement répartis.
Les nobles exemptés de toute imposition par droit de naissance, ne payaient que l'impôt du sang, c'est-à-dire qu'ils avaient le droit et le devoir de mourir pour le service du roi ou du pays.
Les moines étaient exemptés, eux, par bon plaisir royal.
Toute la charge portait donc sur les petits, les bourgeois, les marchands et les cultivateurs.
L'impôt le plus inique était celui qui frappait le sel, impôt auquel on ne pouvait même se soustraire par la non-usance. On le nommait impôt de la gabelle, d'un mot de la langue hébraïque, kibbel, donner.
Ce fut le roi Philippe le Bel qui, le premier, permit aux Juifs, pour se payer de grosses sommes prêtées au trésor royal, de le lever sur son peuple.
En peu d'années il devint vexatoire; aussi occasionna-t-il ou fut-il le prétexte de nombreuses révoltes dans les villes et surtout dans les campagnes.
En 1548, Bordeaux et toute la Guyenne s'insurgèrent contre les collecteurs de la gabelle. Le chef de l'administration, Tristan Moneins, fut assassiné, dépecé et salé.