Il fallut que le connétable de Montmorency déployât la plus sévère énergie et la plus grande rigueur pour vaincre la rébellion.

Le chiffre de cet impôt variait même de province à province, de ville à ville.

Certaines localités étaient écrasées; d'autres ne payaient rien.

Quelques provinces n'étaient pas taxées pour la consommation annuelle; dans d'autres, chaque famille était tenue de prendre au grenier à sel une quantité déterminée de ce produit qui, né spontanément des relais de la mer, semblerait devoir être la propriété de tous.

Les pays de grandes gabelles supportaient le maximum de cet impôt, et les pays de petites gabelles le minimum seulement.

Certaines provinces avaient racheté une fois pour toutes, sous Henri II, l'exemption entière du droit; elles n'en furent pas moins assujetties par Louis XIV à un sixième à peu près de l'impôt fixé pour les pays de grandes gabelles.

Il y avait encore les pays qu'on appelait quart-bouillon: c'étaient ceux qui avaient le droit de se fournir à des sauneries particulières, où l'on faisait bouillir un sable imprégné d'eaux salines, à la charge par les sauniers de verser dans les greniers du roi le quart du produit de cette fabrication. En 1789, un vœu unanime pour la suppression de la gabelle fut exprimé dans les cahiers des trois ordres, aux états généraux. Elle fut en conséquence supprimée par la loi du 10 mai 1790 et remplacée par un système de lois établissant les impôts à peu près comme ils le sont encore actuellement.

Louis XIV, toujours à court d'argent dont il avait besoin par suite de ses guerres et de ses goûts fastueux, organisa avec une plus grande sévérité cette partie de l'administration fiscale: des offices de juges, chargés spécialement de sévir contre le faux saunage, furent créés et vendus.