—Oh, Jean! s'écria sa femme en sanglotant.
—Tais-toi, regarde les autres femmes, fit le fermier, ont-elles peur, elles? Vais-je pas me laisser dépouiller? continua-t-il d'un air sombre. Non, je suis résolu à défendre mon bien. Gare à lui, ce gabelou, s'il vient ici!
Comme il achevait, Pierre entra.
Inquiet des allées et venues mystérieuses des bûcherons de la montagne dans le village, il allait en s'informant. Cette réunion chez le fermier lui sembla étrange; il voulut savoir ce qui se complotait là.
Tous, hommes et femmes, parurent gênés à sa vue.
La Germaine, la femme de Jean Rousse, tenant son nourrisson sur les bras, s'élança vers lui.
—Ah! monsieur Pierre, sauvez-nous, lui cria-t-elle, ils vont venir tout saisir ici!
—Que veux-tu qu'il y fasse, Germaine? lui dit son mari; n'est-il pas aussi pauvre que nous? Laisse-le: ne faut-il pas d'ailleurs que tout ça ait une fin. Tu vas voir tout-à-l'heure si je sais agir.
—Que se passe-t-il donc ici? fit Pierre. Je vous trouve à tous de singulières figures; quelle sottise préparez-vous?