Jean adossé à sa porte, les yeux baissés, ne tourna même pas la tête de son côté. Alors le collecteur s'avança:
—Puisque personne ne répond ni ne paie, dit-il, Jean Rousse, je vais procéder séance tenante à la vente de la maison et de son contenu.
—Pardon, monsieur le collecteur, dit Pierre, qui sortit vivement du groupe des paysans, j'ai l'ordre de M. le baron de vous dire de surseoir à toute exécution jusqu'à nouvel ordre.
—Où est l'ordre par écrit? dit le collecteur.
—M. le baron ne m'en a pas donné, mais vous me connaissez, monsieur, vous savez que je n'avancerais pas une chose qui ne serait point vraie.
—Vous me la baillez belle, répondit insolemment l'agent du fisc. M. le fermier général veut être payé, je ne connais que ça, moi. Payez-vous pour Rousse?
—Non, mais je vous répète que j'ai l'ordre de vous empêcher de saisir; vous vous mettriez dans un mauvais cas, en passant outre.
—Je ne reçois d'ordre que de mes supérieurs, reprit cet homme. J'ai trop longtemps écouté ces billevesées.
Je me mets dans un mauvais cas, vraiment, en ne vous écoutant pas? Nous allons voir. Allons, toi, Rousse, continua-t-il, ôte toi de mon chemin, laisse-moi entrer. Et vous, huissier, procédez au recolement.