Atteint au ventre d'un éclat d'obus, un grenadier du bataillon dit à ceux qui voulaient lui porter secours: «Laissez moi, mes amis, laissez moi mourir! Je suis content, j'ai servi ma patrie.» Et il expire.
7.--Dès la pointe du jour, nous nous sommes mis en marche et nous avons été baraquer au village de Hantes. Comme les vivres avaient tardé, nous nous sommes mis à battre du blé, aller au moulin et nous avons fait du pain. Je dirai que tous les habitants de ces villages s'étaient retirés dans les bois, car les armées leur causaient trop de maux. Il semble que le ciel veuille augmenter les nôtres; la pluie est tous les jours notre partage.
8.--Partis de Hantes pour aller camper sur les hauteurs de l'abbaye de l'Aune.
12.--Sortis de nos positions à huit heures du soir pour aller à l'abbaye de l'Aune, nous y sommes arrivés à minuit, le même jour. Cette abbaye était entièrement dévastée et brûlée.
14.--Nous avons passé la Sambre, qui est tout près de là.
15.--La troupe s'est mise en marche et nous avons attaqué dès la pointe du jour. Combat engagé par une forte canonnade. L'ennemi abandonne ses positions; nous nous sommes emparés des hauteurs.
16.--Le canon s'est fait entendre de l'armée des Ardennes, qui est sous les murs de Charleroi.
L'ennemi s'y est porté en forces, avec un renfort de cinquante mille hommes, et soi-disant l'empereur à leur tête. Ce jour, ils ont débloqué la ville, nous ont repoussés sur le bord de la Sambre près de l'abbaye de l'Aune où nous restons trois jours.
19.--Nous sommes partis pour Hantes, où nous arrivons à onze heures du soir, bien fatigués de marche continuelles [15].
21.--Arrivés à six heures du matin à Thuin, ville d'où on avait chassé l'ennemi quelques jours avant.