1er thermidor.--Partis à quatre heures du matin, nous sommes arrivés à Huningue, et nous avons passé le Rhin vers les dix heures du matin. Nous avons été au premier village où le vin nous a été distribué. De là, nous avons été loger à Lorrach, bourg dans le Marquisat. Je dirai que nous avons passé le Rhin sur un pont volant, et après cela nous avons été obligés de passer un bras du Rhin avec des petites barques, ce qui nous a tenus bien du temps.
3.--Partis de Lorrach à deux heures du matin pour aller à Schopfheim, petite ville entre deux montagnes garnies de beaux bois; la colline est garnie de beaux prés bien entretenus et tout de niveau où ils mettent l'eau quand ils jugent à propos. Cet endroit a beaucoup d'usines, tant en forges, manufactures de fils de fer, papeteries, etc. Je remarquerai aussi que les Autrichiens avaient quitté les bords du Rhin le 27 messidor, parce que la colonne qui avait passé à Strasbourg les prenait par derrière les montagnes du Brisgau pour leur couper leur retraite.
9.--Partis de Schopfheim, à deux heures du matin, pour aller à Sackingen. Nous avons repassé le Rhin à Laufenburg. Dans cet endroit, le Rhin fait un grand saut au bas du pont; il passe entre deux rochers, il est extrêmement rapide. Les ponts sous lesquels on passe sont tous couverts et bien construits. Sackingen et Laufenburg sont deux petites villes près des frontières suisses et situées à sept lieues de Schopfheim.
10.--Partis de Sackingen à deux heures du matin pour Eibrechsferengel? Nous en sortions le onze à deux heures du matin pour nous rendre à Fiezen, village situé à huit lieues.
12.--Partis de Fiezen à trois heures du soir pour nous rendre à Singen, où nous sommes arrivés le treize à quatre heures du soir.
14.--Partis de Singen à dix heures du matin pour Esplingen, village sur le lac de Constance.
15.--Partis le 15 à quatre heures du matin pour nous rendre auprès de l'abbaye de Salmonswiler, située de même sur le lac, dans la Souabe.
C'est là que nous avons aperçu l'arrière-garde d'une colonne ennemie. On a détaché des tirailleurs de droite et de gauche pour fouiller les environs de notre route; après avoir tiré plusieurs coups de fusil, ils ont continué leur retraite. C'est dans l'abbaye, ou pour mieux dire dans la plaine au-dessus, que nous avons commencé à camper. Je dirai que tous les villages dont j'ai parlé ci-devant et où nous avons logé, sont situés sur les frontières de la Suisse, en venant sur le lac de Constance.
La colonne du général Férino [46] chassait les ennemis de diverses places situées sur le lac de Constance, à droite du côté de la Suisse et s'emparait de la ville de Brégenz où se trouvaient une trentaine de pièces de canon de divers calibres [47].
Je remarquerai que nous avons passé au pied du fort de Randenburg, situé sur une montagne en pain de sucre, qui n'est commandé d'aucun côté, qui se rendit sans résistance; on y trouva un arsenal bien garni, quarante-trois bouches à feu en bronze, et quantité de munitions.