Je dirai que nous étions sous le commandement du général Palliard. Notre colonne a pris à gauche du lac de Constance; nous sommes sortis du camp près l'abbaye de Salmonsweiler le 16, à huit heures du matin par une grande pluie qui avait commencé à trois heures du matin, pour aller à la poursuite de l'ennemi. Nous avons été camper près du village nommé Eriskirch, sur le bout du lac, dans un bois où notre artillerie a été obligée de tirer quelques coups de canon. Dans ses environs, il s'est trouvé plusieurs obstacles: des fossés, des petits marais et des bois; mais l'ennemi a été forcé de prendre sa retraite. Nous sommes partis du camp le 19 à quatre heures du matin pour aller à la poursuite des ennemis vers la ville de Lindau, faisant partie du cercle de Souabe. Arrivés dans cette position, comme nous avions suivi les côtes de la Suisse avec un bataillon de la 38e demi-brigade et un détachement de hussards du 8e, nous avons quitté cette colonne le 20 thermidor pour aller rejoindre nos deux autres bataillons de la 3e demi-brigade de ligne. Nous avons logé en y allant à Waldsee, ville où nous sommes arrivés à la nuit; nous avons été loger dans un couvent où nos prisonniers de guerre étaient détenus avant que nous passions le Rhin; mais ils avaient été évacués à notre approche.
21.--Partis du Waldsee à quatre heures du matin, nous avons été bivouaquer à une lieue en avant de la ville, et à une lieue de Wartzack, où nous avons retrouvé les deux bataillons qui avaient passé le Rhin à Rhinau.
22.--Partis de ce bivouac à quatre heures du matin pour aller à la poursuite de l'ennemi qui était la légion de Condé, nous avons campé ce même jour dans un bois faisant partie de la forêt Noire, près d'un village nommé Itett(?) qui fait partie du cercle de Souabe.
23.--Partis du camp à trois heures du matin pour aller camper une lieue en avant. À notre approche, l'ennemi a pris sa retraite.
25.--Sortis du camp à quatre heures du matin, nous avons passé à Memmingen, ville grande et belle, entourée de petits bastions et de grands jardins tous remplis de houblon; elle est au duc de Wurtemberg. Ce même jour, nous avons été camper en avant d'un village où les émigrés sont venus nous attaquer à cinq heures du matin, le 26, mais ils ont été repoussés avec vigueur et on leur a fait quelques prisonniers. J'ai remarqué dans cette contrée la grande mortalité des bêtes à cornes; c'était la peste qui était dans ce pays, car on ne pouvait en sauver aucune.
Le même jour, vers les six heures du soir, nous avons fait un mouvement pour appuyer à gauche, pour donner du renfort à la troisième ligne qui avait été attaquée pendant la nuit par les chevaliers de la légion de Condé, où ces derniers ont perdu bien du monde car dans le mouvement que nous avons fait, nous en avons vu dans des places plus d'un cent, et beaucoup qui étaient répandus dans les bois, et beaucoup qui étaient enterrés que nous ne voyions pas. Ceux qui étaient hors de terre étaient des hommes qui avaient en partie des cheveux gris.
Leur attaque a été singulièrement combinée, ils sont venus croyant surprendre nos gens; lorsqu'ils ont été à une portée de fusil d'eux, ils ont fait le demi-tour, et faisaient les feux de peloton en retraite, et leurs canons envoyaient des obus en l'air. Étant assez près de nos troupes pour être reconnus, aussitôt nos troupes ont fait un feu de file sur ces messieurs. Comme cette petite avant-garde ne se voyait pas assez forte, elle a battu en retraite pour un moment; mais aussitôt ils ont eu du renfort de la 74e qui était campée derrière eux, et ils les ont repoussés avec toute la chaleur républicaine. Comme je l'ai dit, plusieurs cents ont mordu la poussière. Cette bataille s'est donnée, la nuit du 25, dans le bois près le village d'Obergein. Nous y avons campé le 26 au soir, nous avons eu la pluie pendant deux jours.
29.--Partis de ce camp à quatre heures du matin pour aller en avant, nous avons été camper sur la hauteur, près du village de Meltheim, près d'une petite rivière et derrière une grosse ferme où était logé le général.
2 fructidor.--Sortis de ce camp à huit heures du soir pour aller à la poursuite des émigrés, nous avons pris la route à gauche de Meltheim et nous avons campé dans la plaine.
4.--Partis à onze heures du matin, nous avons été camper près d'une abbaye, dans la Bavière.