« C’est drôle, hein, cette histoire ? »

Gauchement, sans se retourner, il essayait de me voir.

« Quelle histoire ? » demandai-je. Dans le désarroi de mes pensées, je ne trouvais qu’un immense désir de me taire — de me taire et d’oublier. Cette fois, Philippe fit un demi-tour vers moi.

« Tu sais bien ce que je veux dire : l’histoire que Mauroy nous a racontée… Au premier moment, j’en étais confondu… Est-ce que tu aurais cru ça de François ?… »

J’esquissai un geste évasif. Philippe, continuait, très vite :

« Je m’explique, maintenant, cette disparition totale que je ne comprenais pas bien… Oui, oui, c’est évident… Quoique, vraiment, je m’étonne qu’il aille chercher ses distractions dans ce monde-là… N’est-ce pas ?… »

Pourquoi toutes ces questions ?

« Chacun prend son plaisir où il le trouve, dis-je, et François n’a de comptes à rendre à personne… »

Mon indifférence sonnait faux, ma voix aussi. Philippe s’en aperçut, sans doute, car je le sentis soudain plus nerveux.

« Personne ?… Eh bien, et sa mère ?… C’est vrai qu’à son âge on ne peut plus le traiter comme un petit garçon… Et c’est tout de même moins fâcheux que s’il était devenu amoureux… d’une femme mariée, par exemple… »