Ces deux choses — café et lard — l’avaient toujours réjoui. Là où il avait vu du lard et du café, il avait vu aussi des enfants qui riaient, des femmes qui chantaient, des hommes heureux, des gestes avenants.
« Quand vous sentez le café et le lard aux abords d’une cabane, avait coutume de dire O’Connor, frappez à la porte, c’est le bon moment, on vous accueillera cordialement. »
Mais Kent ne songeait pas, en cet instant, aux paroles de son ami, il ne pensait qu’à ce fait : Marette lui préparait son déjeuner.
Il l’aperçut à genoux devant la porte du poêle, rôtissant du pain sur deux fourchettes. Ses joues étaient rouges. Elle n’avait pas pris le temps de se coiffer ; ses cheveux, tressés en une natte épaisse, lui tombaient sur le dos. Elle poussa une petite exclamation de dépit.
— Quelle idée de venir en ce moment ! Je voulais vous faire une surprise.
— Vous avez réussi, mais je crois que vous ne refuserez pas mon aide.
Il s’agenouilla à côté d’elle, et, en se penchant pour prendre les fourchettes, il posa ses lèvres sur les cheveux de Marette dont les joues devinrent plus rouges.
Ils s’approchèrent du petit meuble qui leur servait de table et ils s’assirent, elle sur le rebord la chaise-longue, lui sur le tabouret.
Quelle joie pour Kent de voir Marette lui verser son café ! Elle mit aussi dans la tasse du lait condensé et du sucre. Il n’en faisait point usage dans le café, mais il ne l’en avertit point, tant il était heureux.
Dès qu’ils eurent fini de déjeuner, Marette voulut sortir.