— Est-ce qu’il n’est pas tombé malade lui-même ?

— Assez sérieusement.

— Et vous l’avez soigné à votre tour ?

— Évidemment. Je lui devais bien cela. Nous nous séparâmes ; il allait vers l’Ouest, je continuais ma route vers le Nord. Le hasard m’a enfin permis de lui rendre à mon tour un petit service.

— Je savais tout cela, dit Marette d’une voix recueillie.

— Pourquoi donc me le demander ? dit-il assez surpris.

— Pour vous entendre, parce que j’aime à vous entendre, répondit-elle avec un sourire énigmatique.

— Cela a-t-il un rapport avec votre secret ?

Elle mit un doigt sur ses lèvres. Pour ne pas céder à la tentation d’interroger encore Marette, il prit les rames, et, une demi-heure après, sentant un invincible besoin de repos, il alla s’allonger sur la couchette, tandis que Marette restait au gouvernail.

CHAPITRE XXI
DE LA COUPE AUX LÈVRES