Tandis que Kent prononçait tout bas ces mots, le Père Layonne, plus pâle que ne l’avait jamais rendu la présence de la mort, parlementait dans le corridor avec Cardigan qui semblait vieilli de dix ans depuis le dernier moment où il posa son stéthoscope sur la poitrine de Kent. Le jeune Mercer les regardait avec des yeux reflétant la terreur.

Cardigan dit encore quelques mots au Père Layonne, qui se décida enfin à se rendre chez Kent en murmurant une prière.

CHAPITRE VII
L’AMOUR DE LA VIE

Dans l’entre-bâillement de la porte, le Père Layonne eut une hésitation, comme si au dernier moment la peur l’arrêtait. Son regard rencontra celui de Kent dans un silence impressionnant. Le Père entra doucement dans la chambre et en referma la porte.

Kent, ayant poussé un long soupir, essaya de sourire :

— Vous m’avez tiré d’un rêve, dit-il, un rêve que je faisais les yeux ouverts.

— Sur quel sujet, Jimmy ? demanda le missionnaire, dont la physionomie s’efforçait de répondre au sourire de son ami.

— Oh ! une baliverne. Je donnais tout simplement de l’air à ma pensée, car mes poumons n’en prennent guère aujourd’hui. Comme compensation, ma pensée cherchait à se distraire.

— Quel est donc ce rêve ?

— Je vous en aurais certainement parlé plus tard si Cardigan ne m’avait pas condamné.