— Comment donc ?

— Ah ! mon cher, dit-elle d’un ton moqueur, vous n’êtes pas encore au bout de vos surprises.

CHAPITRE XIV
CE QUE FEMME VEUT

Au ton moqueur de Marette, Kent sentit qu’il aurait pris une attitude ridicule en montrant trop d’hésitation. Marette Radisson l’avait fait évader ; ce n’était pas pour l’amener dans un traquenard.

Elle cessa aussitôt de plaisanter.

— Kedsty n’y est pas, dit-elle avec fermeté. Avant qu’il soit de retour, vous aurez compris que vous êtes ici en pleine sécurité. Entrons, nous sommes chez nous.

Il pensait qu’il eût été préférable de courir au fleuve. Se jeter dans une barque et fuir aussitôt, était véritablement la seule conduite à tenir. De peur de paraître méfiant il ne dit rien, mais il suivit Marette, la main sur la crosse de son revolver. Kedsty était à cette heure son pire ennemi, et sans doute aussi celui de Marette. « Ne veut-elle pas me demander de l’expédier ? » se dit-il. Cette idée lui inspira une telle répugnance qu’il ne put admettre que Marette l’eût conçue.

Après l’avoir invité à se secouer et lui avoir donné de gros mocassins afin qu’il ne laissât point de traces humides, elle lui prit la main pour le guider le long du sombre corridor. Ils montèrent un escalier à tâtons. Elle ouvrit une porte et ils furent éclairés par cette même lampe qu’il avait aperçue du dehors.

— C’est ma chambre, dit-elle, vous y êtes en sûreté.

L’air de cette pièce était embaumé par la douce senteur de fleurs et par un parfum indéfinissable.