Mais elle se leva vivement, en secouant la tête, les sourcils froncés. Toute son énergie s’était réveillée.
— Kedsty m’a promis de vous aider à fuir. Il hésitait encore. Oh ! il cédera, il cédera… En me quittant, il piétinait de rage. L’idée n’est pas encore bien enfoncée dans son cerveau. Je la lui enfoncerai mieux. Elle y entrera, je vous assure. Il retournait à la caserne. Il pourrait rebrousser chemin et revenir d’un moment à l’autre. Je ne vous ai pas encore montré votre cachette. Ne perdons plus de temps. Je prends la lampe, suivez-moi.
CHAPITRE XVI
L’INÉVITABLE
A l’extrémité du couloir, elle s’arrêta devant une porte basse qu’elle ouvrit. Kent aperçut un espace aménagé sous le toit incliné du bungalow.
— C’est une chambre de débarras, dit-elle. Il me semble que je l’ai rendue presque confortable. J’ai tendu un rideau épais devant la lucarne, afin que vous puissiez allumer votre lampe. Pour tout ce que vous trouverez là, vous devez en remercier votre bon gros M. « Doigts-Sales ». Ne tardez pas à quitter vos vêtements trempés. Prenez ceux-là, sur cette chaise. Allumez votre lampe. Je vais vous laisser.
Une douce émotion s’empara de Kent.
— Au fait, vous avez raison : je ne vous ai pas encore dit merci. Est-ce que vous m’autoriseriez à vous exprimer ma reconnaissance telle que je l’éprouve, ma Marette, mon petit dieu protecteur ?
Il s’approcha d’elle. Deux coups rapides furent frappés contre une persienne, sans doute par Mooie.
— Le voilà encore ! s’écria Marette en mettant ses mains sur la poitrine pour comprimer les battements de son cœur.
Kent dit avec colère :