Il prit le revolver de Kedsty et aperçut une tache de sang, quelques cheveux gris sur la crosse. Kedsty avait été assommé par son propre revolver. Un meurtrier, venant du dehors, se serait servi de l’arme qu’il aurait apportée. La lanière de cuir — Kent s’en souvint — avait longtemps traîné sur la table de l’inspecteur de police.

Mais alors ce serait Marette seule…

Kent eut soudain une sensation de vertige. Tous ses muscles frissonnèrent, et ce frisson passé, il se sentit inondé de sueur. Une pensée terrible venait de l’assaillir.

— Marette, dites-moi tout.

Ce fut d’un ton brutal qu’il prononça ces mots en entrant dans la chambre de la jeune fille.

Celle-ci s’était jetée sur son lit, le visage dans les mains. Elle se releva, mais son trouble était si grand qu’elle chancela en posant les pieds sur le sol. Elle se maintint debout en s’appuyant contre le lit.

— Marette, je veux tout savoir.

— Je ne puis rien vous dire, répondit-elle d’une voix suppliante.

— Vous n’avez rien à me cacher. Je ne vous trahirai pas.

Il sursauta. Il venait d’apercevoir sur le visage de Marette, un peu au-dessus du sourcil, un point rouge, et sur un de ses doigts, une trace de sang.