— Il faut que vous le mettiez, Kent.
C’était le grand vêtement caoutchouté de Kedsty qu’elle lui apportait.
Comme il ne fit aucune objection, ce fut d’un ton de triomphe qu’elle lui cria, dans le vent :
— Hardi ! Kent. Tenons-nous ferme, et courons au bayou. Ils ne nous auront pas.
Elle lui avait expliqué tantôt qu’ils devaient se rendre, non au dépôt de Crossen, mais au bayou de Kim. « Doigts-Sales », qui s’était refusé à croire que Kedsty laisserait filer Kent avec la brigade de Lassalle, et avait insisté pour que Marette partît avec Kent, avait fait parer un petit canot avec cabine à deux places. Ils le trouveraient amarré près du rivage. Mooie leur aurait été bien nécessaire pour les aider à s’embarquer dans la nuit noire, mais il ne fallait pas compter sur lui.
— Pourquoi ? avait demandé Kent.
— Parce que je ne crois pas qu’il soit encore autour de la maison. Mais lorsque « Doigts-Sales » apprendra que nous nous sommes échappés, il trouvera bien un moyen pour protéger notre fuite.
Leurs pieds pataugeaient dans l’eau et la boue. Le vent leur coupait par moment la respiration. Kent souhaita la fréquence des éclairs pour les guider, car il était impossible de distinguer le tronc d’un arbre à deux pas de distance.
— Croyez-vous vraiment que Mooie ne soit plus par là ? Il nous serait bien utile. Il est déjà près de deux heures. Si nous nous égarions dans la forêt, ce serait une fichue histoire pour nous, à l’aube.
— Non, Mooie n’est plus là.