L’écrivain, d’un geste expressif, désigna l’espace devant lui.
— As-tu jamais vu quelque chose qui vaille cela ? demanda-t-il.
— Beau pays, acquiesça le guide… et un chic endroit pour camper. Il doit y avoir du caribou de ces côtés-ci et de l’ours. Nous avons besoin de viande fraîche. Passe-moi une allumette, veux-tu ?
C’était une habitude chez eux que d’allumer, toutes les fois qu’il était possible, leurs deux pipes avec une unique allumette.
Ils accomplirent donc gravement cette cérémonie rituelle en étudiant le paysage.
Cependant que, voluptueux, Langdon exhalait les premières bouffées de fumée odorante, Bruce désigna d’un signe de tête la haute futaie dont ils sortaient.
— Chic endroit pour planter sa tente, je t’assure old top… Du bois sec, de l’eau courante… et des sapins. On pourrait lâcher les chevaux dans la jolie petite clairière que nous venons de traverser. L’herbe à buffle y est haute en diable…
L’écrivain regarda sa montre.
— Il n’est que trois heures… on devrait peut-être continuer un peu ! Mais si t’as envie de rester, faisons la pause deux ou trois jours et voyons ce que le pays a dans le ventre… Ça te va ?
— Tu penses ! Non, mais est-ce épatant ?