Lorsqu’il se mit à gravir le deuxième contrefort, Muskwa l’aperçut et, avec un cri qui le suppliait d’attendre un peu, il se précipita sur ses traces.

Deux ou trois cents pieds plus haut, une courbe se creusait au flanc de la montagne et, dans cette courbe, flairant l’air comme Tyr l’avait flairé, se trouvait l’ourse splendide de par delà les monts, accompagnée d’un des oursons de l’année précédente.

Tyr était à cinquante mètres d’elle lorsqu’il franchit la crête. Il la considéra un instant, et Iskwao, la femelle, le considéra à son tour.

Alors commença une cour en règle à la manière des ours !

Toute hâte, tout empressement, tout désir semblait avoir quitté Tyr, et si Iskwao avait été ardente et amoureuse, elle était devenue soudain profondément indifférente.

Pendant deux ou trois minutes, Tyr jeta des regards dédaigneux autour de lui.

Ceci donna le temps à Muskwa d’arriver et de se percher auprès de lui. Il s’attendait à une autre bataille.

Tout comme si Tyr avait été à des centaines de milles de sa pensée, Iskwao retourna un rocher plat et se mit à gober des larves et des fourmis.

Pour ne pas se laisser dépasser dans ce match d’indifférence, Tyr arracha une touffe d’herbes et l’avala.

Iskwao fit un ou deux pas, Tyr avança également d’un pas ou deux, et, comme par hasard, ces quelques pas les rapprochèrent d’autant.