Muskwa, du coup, fut intrigué. Le manège intriguait d’ailleurs tout autant l’autre ourson, bien qu’il fût plus âgé et trois fois plus gros.

Tyr et Iskwao mirent cinq minutes à se rejoindre et puis, selon l’étiquette, ils se flairèrent le nez cérémonieusement.

Sur ces entrefaites, l’ourson d’un an eut la malencontreuse idée de vouloir se joindre au cercle de famille.

Les Indiens l’auraient appelé Pipoonaskoos, un nom fort long qui signifie « quatre saisons ».

Il s’en vint hardiment jusqu’à Tyr et à sa mère.

Pendant un instant, Tyr ne parut pas s’apercevoir de sa présence, puis sa patte droite se détendit tout à coup en un upper-cut qui le lança rudement en l’air et l’envoya tourbillonner à quelques mètres de Muskwa.

La mère ne fit aucune attention à cette élimination de son rejeton et continua de se frotter amoureusement le nez contre celui de Tyr.

Muskwa, par contre, considéra cet incident comme les préliminaires d’un autre combat et, avec une clameur de défi, il s’élança le long de la pente et se rua sur Pipoonaskoos.

Pipoonaskoos était un de ces oursons qui s’obstinent à suivre leur mère au cours de la deuxième saison, au lieu de se débrouiller par eux-mêmes. Il n’était pas encore complètement sevré et sa mère continuait à le gaver de bons morceaux.

Il était gros, mou et sans endurance.