D’un autre côté, les leçons de Tyr avaient profité à Muskwa et, bien qu’il fût beaucoup moins gros que Pipoonaskoos, qu’il eût mal aux pattes et mal au dos, il se rua sur l’autre ourson comme un bolide.
Encore étourdi par le coup de revers de la patte de Tyr, Pipoonaskoos se mit à hurler au secours.
Il ne s’était jamais battu. Il roula tout de suite sur le dos et sur le côté, gigotant, griffant et criant, tandis que les dents aiguës de Muskwa s’enfonçaient dans sa peau tendre.
L’instant d’après, Muskwa lui happait le nez, le mordait profondément et s’accrochait à lui avec l’énergie du désespoir.
Du coup, Pipoonaskoos en eut son compte.
Émettant une série de cris aigus pour prévenir sa mère qu’on l’assassinait, il parvint à se débarrasser de son adversaire et, le museau saignant, s’enfuit à toutes jambes.
Iskwao, très occupée à flairer Tyr, ne prêta d’ailleurs aucune attention à ses plaintes de porc égorgé.
Muskwa s’élança sur les traces du fuyard.
A deux reprises, ils firent le tour du bassin et, malgré qu’il eût les jambes plus courtes, Muskwa gagnait du terrain.
En jetant un regard effrayé en arrière, Pipoonaskoos se heurta contre un rocher et s’étala.