Pendant toute la nuit, Tyr et Iskwao s’isolèrent dans les fourrés du bord de l’eau.
Pipoonaskoos essaya bien de se glisser jusqu’à sa mère, mais Tyr d’un coup de revers l’envoya s’étaler au milieu du ruisseau.
Muskwa en déduisit sagement que les aînés n’étaient pas d’humeur à tolérer la présence des oursons, du moins pour l’heure, et il s’ensuivit entre lui et Pipoonaskoos une sorte de trêve armée qui dura jusqu’au matin.
Tyr et Iskwao ne se déplacèrent guère dans le courant de la nuit et Muskwa en profita pour se reposer ; mais il ne dormit guère cependant que d’un œil, pour être prêt à suivre son protecteur si le grand grizzly s’en allait.
Le jour suivant, Tyr et Iskwao demeurèrent de compagnie dans leur retraite au fond des taillis.
Dès le petit matin, Muskwa, qui avait faim, se mit en quête de nourriture.
Il aimait l’herbe tendre, mais ce n’était pas très nourrissant.
A plusieurs reprises, il vit que Pipoonaskoos creusait le sol aux abords immédiats du ruisseau.
Il le chassa d’un trou commencé, afin de se rendre compte par lui-même de ce qu’il faisait.
Après avoir creusé un peu plus avant, il découvrit une racine blanche bulbeuse et tendre qui lui parut la chose la plus savoureuse qui fût au monde, meilleure encore que le poisson.