C’était le plus fin morceau de tout ce qu’il mangerait jamais, que cette racine de la Beauté du Printemps. Les Beautés du Printemps poussaient en abondance autour de lui, et il continua de creuser jusqu’à ce qu’il n’eût plus faim.
Tyr fut cause d’une autre bataille entre Muskwa et Pipoonaskoos.
Vers la fin de l’après-midi, les ours adultes reposaient, côte à côte au fond d’un taillis, lorsque, sans raison apparente, Tyr ouvrit une gueule énorme et émit un rugissement sourd et continu qui rappelait celui qu’il avait poussé sur le cadavre de l’ours noir.
Iskwao leva la tête et l’imita de bon cœur.
Tous deux étaient, au demeurant, de la meilleure humeur du monde et fort satisfaits l’un de l’autre.
On ne sait pas pourquoi les ours se livrent, après l’accouplement, à ces duos épouvantables. Eux seuls en pourraient expliquer la raison mystérieuse.
Le concert dura deux minutes, et, pendant ces deux minutes, Muskwa fut convaincu que l’heure était enfin venue où Tyr allait châtier la mère de Pipoonaskoos.
Malheureusement pour lui, ledit Pipoonaskoos se montra justement à l’issue d’un buisson. Muskwa ne lui donna pas le temps de poser de questions.
Il se rua sur lui et Pipoonaskoos s’affala comme un gros bébé. Pendant quelques minutes ils mordirent et griffèrent à qui mieux mieux. Muskwa conservait l’avantage.
Finalement, Pipoonaskoos se releva et prit la fuite.