Muskwa le poursuivit à travers les buissons jusqu’au ruisseau, sur la pente.
A la fin, il était si fatigué qu’il se laissa choir sur son petit ventre pour se reposer.
L’instant d’après, Tyr émergea seul des buissons. Pour la première fois depuis longtemps, il parut prendre conscience de la présence de Muskwa.
Alors il flaira le vent en amont et en aval de la vallée et, aussitôt après, il se dirigea vers les pentes lointaines qu’ils avaient descendues l’après-midi précédente.
Muskwa était à la fois satisfait et perplexe. Il avait envie d’aller arracher des lambeaux de peau de l’ours mort qui devait se trouver dans les taillis et il avait envie d’achever Pipoonaskoos.
Après quelques instants d’hésitation, il courut après Tyr et, de nouveau, se mit à le suivre sur ses talons.
Ainsi finit la journée d’amour de Tyr et la première journée de bataille de Muskwa.
Et tous deux ils se dirigèrent à nouveau vers l’Est, pour faire face au danger le plus terrible qui eût jamais menacé les bêtes de la montagne, danger implacable, danger auquel nul ne pouvait échapper.
Peu après, Iskwao sortait à son tour des fourrés et flairait le vent comme Tyr l’avait fait.
Après quoi, elle se dirigeait tout droit vers le soleil couchant, suivie par Pipoonaskoos.