CHAPITRE XIV
LA VENUE DES CHIENS

Lorsque Tyr arriva à la pente qui conduisait au col franchi la veille, il se dirigea au Sud, vers l’endroit où il avait tué l’ours noir, à vingt milles de là.

Il semblait à Muskwa que Tyr avait dit adieu pour de bon à la mère de Pipoonaskoos.

A vrai dire, Tyr n’avait fait que goûter aux premières joies de sa lune de miel.

Il avait quitté sa compagne pour méditer et se refaire.

Iskwao, de son côté, n’était pas partie pour rentrer chez elle.

Le surlendemain, si la Destinée n’intervenait pas, ils se rencontreraient de nouveau, passeraient ensemble une nuit ou une journée, puis se sépareraient une fois de plus.

Leurs amours continueraient de la sorte pendant trois ou quatre semaines, puis Iskwao ferait preuve d’une soudaine froideur et regagnerait son domicile par delà les monts, non sans avoir administré à Tyr quelques bourrades pour calmer ses dernières ardeurs.

Mais l’homme et les ours proposent. C’est la Destinée qui dispose.

Et la Destinée s’avançait à grands pas dans l’autre vallée.