Sans s’éloigner beaucoup de Tyr, Muskwa se mit à explorer les buissons, et l’ombre des arbres, et les rives du petit lac.
Il y découvrit une mare de boue moelleuse qui calma le lancinement de ses plantes douloureuses.
A vingt reprises, au cours de la nuit, il s’en revint au bain de boue.
Même après la venue de l’aube, Tyr ne parut pas fort pressé de quitter l’agréable courbe.
Il continua d’errer lentement à travers la prairie, broutant l’herbe tendre et déterrant de temps en temps une racine.
Muskwa était enchanté. Il déjeuna aux dépens des violettes dent-de-chien.
Une chose l’intriguait, cependant. Il se demandait pourquoi Tyr ne faisait pas jaillir des truites du petit lac. Il lui restait encore à apprendre que tous les lacs ne sont pas poissonneux.
A la fin, il se décida à aller pêcher lui-même et réussit à attraper, pour tout potage, un cancrelat d’eau à carapace dure, qui lui pinça le nez violemment et lui arracha un cri de douleur.
Aux environs de dix heures, la courbe baignée de soleil devint comme un four surchauffé pour le grizzly au poil épais ; aussi Tyr chercha-t-il parmi les rocs, aux alentours de la cascade, un coin frais. Il le découvrit.
C’était une grotte en miniature dont les parois poreuses suintaient.