Tyr aimait cette température de vieille cave au mois de juillet, lors de la chaleur méridienne. Mais Muskwa s’ennuya bientôt dans cette obscurité humide.
Aussi, au bout de quelque temps, quitta-t-il son grand compagnon et s’en fut-il faire connaissance avec les bords de la cascade.
Au commencement, tout alla bien, mais il s’engagea, l’imprudent, sur une surface d’ardoise verdie, en pente douce, sur laquelle s’écoulait une mince nappe d’eau.
L’eau coulait sur cette surface depuis des siècles et des siècles et l’ardoise était aussi lisse que la surface d’une perle polie, aussi glissante, pour le moins qu’un mât de cocagne bien graissé.
Les pattes de Muskwa chassèrent sous lui si vite qu’il ne sut pas ce qu’il lui arrivait.
L’instant d’après, il dégringolait vers le lac à une centaine de pieds au-dessous.
Il pirouetta, repirouetta, fit rejaillir l’eau peu profonde en un chapelet de petites vagues, rebondit comme une balle en caoutchouc par-dessus des cascades en miniature. Il avait perdu le souffle ; il était étourdi et aveuglé par l’eau et par le choc, et la vitesse de sa chute s’accélérait de plus en plus.
Il avait réussi à émettre quelques cris terrifiés au début, et ces cris avaient attiré l’attention de Tyr.
A l’endroit où l’eau des pics se déversait dans le lac, il y avait une chute de dix pieds.
Muskwa rebondit par-dessus la dernière barrière rocheuse, troua violemment la surface et disparut sous l’eau glacée.