Il coula d’abord, suffoqué ; puis la ceinture de sauvetage dont l’avait doué la nature sous forme de graisse le ramena à la surface et il se mit à nager désespérément.
C’était son tout premier plongeon et la première fois qu’il avait à nager pour sauver sa vie, et lorsqu’il parvint enfin à gagner la terre, il était épuisé, à bout.
Alors qu’il reprenait lentement et son souffle et ses esprits, Tyr réussit à le rejoindre au bas de l’éboulis des rocs.
La mère de Muskwa lui avait donné une bonne gifle lorsqu’il s’était enfoncé le piquant de porc-épic dans la patte.
Elle l’avait giflé chaque fois qu’il lui était arrivé un accident parce qu’elle croyait à la vertu des gifles, méthode d’éducation très répandue chez les ours.
Elle l’eût corrigé sérieusement après cette mésaventure. Mais Tyr ne fit que le flairer. S’étant rendu compte qu’il n’avait rien, il se mit à déterrer une violette dent-de-chien.
Il n’avait pas fini d’en croquer la racine, lorsqu’il s’immobilisa soudain.
Pendant une demi-minute, il parut transformé en statue. Muskwa bondit et se secoua, puis il écouta.
Un son leur parvenait à tous deux.
D’un mouvement lent et gracieux, le grizzly se dressa de toute sa hauteur.