Il fit face au Nord, les oreilles pointées en avant, les narines frémissantes.

Il ne sentait rien, mais il entendait.

De par delà les pentes qu’ils avaient gravies au cours de la nuit leur parvenait confusément un bruit nouveau pour lui, un bruit qu’il n’avait jamais connu de sa vie.

C’était l’aboiement des chiens.

Pendant deux minutes, Tyr s’accroupit sur son train de derrière.

Pas un muscle de son grand corps ne frémissait, si ce n’est ceux qui commandaient aux narines.

Il se rendait compte que, dans cette courbe au pied de la montagne, le son ne pouvait lui parvenir qu’atténué, et il se dépêcha de gravir une pente orientée à l’Est, au sommet de laquelle un troupeau de moutons avait dormi pendant la nuit.

Muskwa se hâta de le suivre.

A mi-hauteur de la pente, Tyr s’arrêta et fit demi-tour. De nouveau il se dressa face au Nord et Muskwa l’imita.

Une brusque rafale en retour leur apporta clairement l’aboiement des chiens.