A moins d’un demi-mille, la meute de Langdon, la meute d’airdales aguerris donnait furieusement de la voix en suivant la piste encore chaude.
Les aboiements surexcités indiquaient aux deux hommes alertes qui suivaient à un quart de mille qu’ils touchaient au but… que la proie désirée était toute proche.
Ce fut l’instinct, encore une fois, qui avertit Tyr du danger, qui lui dit que d’autres assaillants avaient envahi son domaine.
Non qu’il eût peur, mais cet instinct conseillait de battre en retraite, et il continua de monter jusqu’à l’endroit où la montagne devenait rugueuse, crevassée.
Cette fois, il attendit encore,
La menace, quelle qu’elle pût être, se rapprochait de plus en plus avec la vitesse du vent. Ils l’entendaient gravir les pentes qui séparaient la petite courbe de la vallée où Iskwao avait fait l’amour avec Tyr.
Les crêtes de cette pente étaient à peu près au niveau de l’œil de Tyr et, tandis qu’il regardait, le meneur de la meute apparut sur le sommet de ladite crête et sa silhouette se détacha sur le ciel.
Les autres suivirent rapidement et, pendant trente secondes peut-être, ils demeurèrent rigides sur le rebord de la coupelle qui se creusait à leurs pieds, à flairer l’odeur chaude et lourde dont elle était emplie.
Pendant ces trente secondes, Tyr observa ses ennemis sans bouger, tandis qu’aux cavernes de sa poitrine se répercutait un grondement de tonnerre.
Il ne continua à battre en retraite que lorsque la meute se rua sur la coupelle en redonnant de la voix. Il ne fuyait pas, il n’avait pas peur.