Il continuait parce qu’il lui fallait continuer.
Il ne cherchait pas d’histoires. Il n’avait même pas le désir de défendre sa possession de la prairie et du petit lac au pied de la montagne. Il y avait d’autres prairies et d’autres lacs et il n’était pas particulièrement désireux de se battre. Mais il était quand même prêt à la bataille.
Il continua de gronder sourdement et une rage lente et obscure se mit à brûler en lui.
Il s’enfonça au milieu des rochers. Il suivit une corniche avec Muskwa sur ses talons.
Il gravit un énorme éboulis de rochers et zigzagua parmi des blocs aussi énormes que des maisons.
A chaque passage difficile, il s’arrêtait et s’assurait que Muskwa pouvait bien le suivre.
Une fois même qu’il s’était hissé d’une corniche sur un rocher, il se rendit compte que Muskwa ne serait pas capable de l’y joindre et redescendit aussitôt emprunter un autre chemin.
L’aboiement des chiens avait cessé de réveiller les échos de la courbe.
Il semblait porté sur des ailes tant il montait rapidement et Tyr comprit que la meute gravissait la pente verte.
Il s’arrêta de nouveau et, cette fois, le vent lui apporta l’odeur des chiens, forte et chaude.