Cette odeur lui raidit tous les muscles et des feux étranges firent rage en lui.
C’est que l’odeur des chiens se mêlait à l’odeur de l’homme.
Il se hâta peut-être davantage cette fois. L’hallali féroce et joyeux des chiens ne résonnait guère à plus de cent mètres lorsqu’il pénétra dans une sorte de cirque ménagé par la nature au milieu du chaos des rochers. A droite, un mur perpendiculaire en demi-cercle s’élevait du côté de la montagne ; à gauche, la corniche s’arrêtait brusquement au-dessus d’un précipice.
Derrière, le passage était bloqué par des blocs mégalithiques tombés de l’épaulement de la montagne. A peine subsistait-il entre eux un passage de la largeur des épaules de Tyr.
Le grand grizzly conduisit l’ourson jusqu’à ce passage et fit brusquement tête à queue, afin que Muskwa fût derrière lui.
En face d’un péril analogue, une mère ourse eût mis en sûreté son petit au fond d’une crevasse étroite de la paroi rocheuse, mais Tyr agit différemment. Il fit face au danger qui venait et se dressa sur ses pattes de derrière.
A vingt pieds de lui, la piste qu’il avait suivie contournait à angle droit une sorte de bastion rocheux et Tyr observa complaisamment, avec des yeux rouges et terribles, l’embuscade préparée par lui.
La meute aboyait à pleine gorge.
A cinquante mètres par delà le bastion rocheux, les chiens accouraient épaule contre épaule, et, l’instant d’après, le premier d’entre eux se rua dans l’arène que Tyr s’était choisie.
Le gros de la meute suivait de si près que les premiers chiens trouvèrent la mort avant d’avoir pu même se reconnaître.