Tout en quêtant de-ci de-là, Tyr s’avançait vers la ravine. Sa grosse tête se balançait à quelques centimètres du sol.
A une courte distance, sa vision avait une acuité, une netteté microscopiques, et ses nerfs olfactifs étaient d’une telle sensibilité qu’aveugle il eût pu attraper facilement une fourmi rouge.
Il choisissait de préférence les pierres plates. Sa dextre formidable aux longues griffes était adroite et préhensile comme une main !
Sitôt la pierre soulevée, il reniflait, dardait sa langue rouge et râpeuse, une fois, deux fois, et passait à la pierre suivante.
Il prenait sa tâche au sérieux, très semblable à un éléphant qui eût cherché des cacahouettes au milieu d’une balle de foin.
Au moment où il s’apprêtait à retourner une nouvelle pierre, Tyr s’arrêta, la patte en l’air.
Pendant une pleine minute, il demeura immobile. Puis il tourna lentement la tête, le nez presque contre le sol.
Il avait senti vaguement une odeur des plus agréables. Elle était si vague qu’il eut peur d’en perdre la trace s’il remuait. Aussi demeura-t-il sur place jusqu’au moment où il fut sûr qu’il ne pouvait pas se tromper.
Alors il parcourut deux mètres à contre-pente, en balançant doucement sa tête de gauche à droite et en reniflant fréquemment.
L’odeur devint beaucoup plus forte. Deux mètres encore et Tyr la put localiser exactement.