Elle émanait de sous un roc, un roc qui devait bien peser deux cents kilos au minimum.

Tyr le déplaça sans grande peine… Aussitôt, tout effarouchée et poussant un cri suraigu, une gerboise s’enfuit sautillante. Mais le gros Tyr n’en avait cure, ayant découvert, soigneusement empilés dans un creux de mousse, près d’un buisson, des tubercules dont l’odeur l’avait attiré.

C’étaient des sortes de pommes de terre de la grosseur d’une cerise, sucrées et riches en amidon. Tyr s’en régala, émettant un ronron profond de plaisir ; puis se mit en quête d’autre chose.

Il s’approchait de plus en plus du débouché de la ravine sans entendre ni sentir Langdon, lorsqu’un bruit insolite le fit tomber en arrêt brusquement.

En escaladant la coulée, le chasseur avait détaché une pierre sous son talon.

La pierre rebondit, entraînant une avalanche minuscule, mais particulièrement sonore.

A six cents mètres au-dessous, Bruce lâcha un furieux juron. Il avait vu Tyr s’arrêter, et il s’apprêtait à tirer malgré la distance bien trop grande, au cas où l’ours s’enfuirait, comme il le pensait, vers le col.

Pendant trente secondes peut-être, Tyr demeura figé sur place, puis, à l’amble, délibérément se dirigea vers la ravine.

Langdon, essoufflé, maudissait en lui-même sa mauvaise fortune, se démenait pour arriver enfin au sommet du boyau, dont il n’était pas à dix mètres.

Il entendit que Bruce criait, sans bien saisir l’avertissement. Des pieds, des mains, il s’agrippa avec une énergie suprême.