Il allait se hisser enfin par un dernier rétablissement sur une sorte de petite corniche, à quatre yards du plateau, lorsqu’il leva soudain les yeux.

Son cœur bondit dans sa poitrine et il demeura pétrifié, incapable de faire un mouvement.

Juste au-dessus de lui, une tête monstrueuse venait d’apparaître. Tyr le regardait, gueule ouverte, crocs découverts, langue pendante. Ses yeux brûlaient d’un feu vert-rouge.

Telle fut la première rencontre du grand grizzly avec les hommes.

Dès qu’il eut empli ses poumons de l’odeur chaude de Langdon, Tyr se détourna brusquement, comme s’il avait flairé la peste.

Pour grimper plus facilement, le romancier avait passé sa carabine en bandoulière. Il ne pouvait donc pas tirer… d’ailleurs les pierres glissaient sous lui et les points d’appui lui manquaient.

En un élan fou, il parvint à gravir les tout derniers mètres. Il lui fallut soixante secondes pour épauler sa carabine.

Tyr était à cent cinquante yards, se hâtait au petit galop vers l’entrée du col, analogue à une grosse boule munie de pattes.

Au pied de la ravine claqua une détonation suraiguë. C’était Bruce qui ouvrait le feu.

Langdon, à genoux, l’imita.