Un instinct obscur le poussa à continuer.
A la sortie de la gorge, Tyr s’engagea sur une pente assez raide, orientée vers l’Ouest.
Le soleil était déjà haut lorsqu’il atteignit le sommet et, pendant quelques instants, il se reposa en contemplant l’autre moitié de son domaine.
Cette seconde vallée était encore plus merveilleuse que la première, que celle parcourue par Bruce et Langdon quelques heures auparavant. Elle avait bien deux milles de large et se déroulait à perte de vue en un grand panorama vert, noir et or.
Vue du point culminant sur lequel se tenait Tyr, elle semblait un immense parc. Les flancs de la montagne se couvraient de verdure presque jusqu’au sommet, et jusqu’à mi-hauteur s’érigeaient des petits bois de pins qu’on eût dit plantés par l’homme. Quelques-uns de ces boqueteaux étaient d’un bel effet décoratif ; d’autres couvraient des acres et des acres.
Et au pied des pentes, de chaque côté, telles des franges ornementales, couraient des bandes étroites ininterrompues de forêts.
Entre ces deux bandes d’un vert sombre s’étalait la vallée ouverte, prairie moelleuse et onduleuse, tachetée de pourpre par l’herbe à buffle, de mauve par la sauge montagnarde, de blanc par la rose sauvage.
Dans le creux de cette vallée courait un ruisseau. Tyr descendit environ de quatre cents mètres et puis se dirigea vers le Nord le long de la pente verte, passant d’un boqueteau à l’autre, à cent cinquante ou deux cents mètres au-dessus de la frange de forêt.
A cette hauteur, à mi-chemin entre les prairies de la vallée et les premiers rochers dénudés des pics, il rencontrait fréquemment du petit gibier.
Déjà, de gros loirs commençaient à lézarder au soleil.