Leur long sifflement doux et fugitif, agréable à entendre parce qu’il rompt la monotonie du bourdonnement de l’eau, emplissait l’air d’une cadence musicale.

De temps en temps, l’un d’eux faisait entendre tout proche un coup de sifflet aigu d’avertissement et puis s’aplatissait sur son rocher au passage du grand grizzly.

Et, pendant quelques instants, plus un sifflement ne troublait le doux ronron de la vallée.

Mais Tyr ne songeait pas à la chasse ce matin-là.

Deux fois il rencontra des porcs-épics, morceaux de choix s’il en fût, et il les laissa passer sans y prêter autrement attention.

L’odeur chaude du caribou endormi lui parvint, issue d’un fourré… Il ne ralentit même pas sa course.

Pendant deux heures, il avança bon train vers le Nord, à mi-hauteur des pentes, avant de descendre à travers bois vers le ruisseau.

La glaise adhérente à sa blessure commençait à durcir, et de nouveau il s’enfonça jusqu’aux épaules dans une petite mare et y demeura quelques minutes.

L’eau courante emporta presque toute la terre.

Pendant deux heures encore, il suivit le cours du ruisseau, buvant fréquemment.