Tyr s’arrêta à quelques pas, jura congrûment, puis chercha la mère absente du regard.

Elle n’était pas d’ailleurs visible. Il reporta son attention sur l’ourson, qui geignait doucement.

Muskwa — c’est ainsi qu’un Indien l’eût certainement appelé — Muskwa s’était mis à ramper lentement sur son petit ventre. Il se tortilla davantage lorsque Tyr le considéra et continua d’avancer.

Un avertissement sourd gronda au fond de la poitrine de Tyr.

— N’approche pas, exprimait-il, ou je te flanque une bonne gifle.

Muskwa comprit probablement. Il s’immobilisa, comme mort, pattes, nez et ventre aplatis.

Tyr étudia les alentours, flaira le vent sans résultat. Lorsqu’il s’inquiéta à nouveau de Muskwa, l’ourson était à moins de quatre pieds de lui, s’écrasant contre le sol et gémissant plaintivement.

Tyr leva sa patte gauche à quatre centimètres de terre.

— Un pouce de plus et je te gifle ! grogna-t-il.

Muskwa se tortilla davantage et exagéra son tremblement. Il léchait ses lèvres avec sa petite langue rose, mi-terrifié, mi-suppliant, et, malgré la patte levée de Tyr, il se rapprocha davantage, sans cesser de se tortiller.