Le grognement de Tyr devint plus sourd… la lourde patte retomba sur le sable.
Pour la troisième fois, il regarda autour de lui et flaira l’air. Puis il grogna. Un vieux garçon n’aurait pas eu de mal à interpréter ce grognement.
— Où diable est la mère de ce gosse ? Si ce n’est pas pitié quand même d’abandonner un môme comme ça !
Il se passa alors quelque chose qui décida de la destinée de l’ourson.
Muskwa s’était approché tout près de la patte blessée de Tyr.
Il se leva et flaira l’odeur de la plaie à vif.
Doucement sa langue l’effleura.
Elle était comme du velours, cette langue.
Un frisson exquis, apaisant, parcourut l’échine de Tyr, qui se laissa faire, immobile. Longtemps l’ourson lécha la plaie.
Puis Tyr baissa sa lourde tête, souffla sur Muskwa qui frémit, et lui passa sa grande langue chaude à deux reprises sur la face.