Je ne réussis pas à le tuer et je suis certain que, depuis ce jour-là, il a dû devenir chasseur de gros gibier.

— Il me semble pourtant que la taille y est pour quelque chose, déclara Langdon. Il me semble qu’un ours qui mange de la viande doit être plus grand et plus fort qu’un végétarien.

— Voilà justement l’occasion d’écrire quelque chose de curieux sur les ours, répliqua Bruce avec un de ses sourires bizarres.

Comment se fait-il qu’un ours engraisse au point de ne plus pouvoir marcher en septembre alors qu’il ne se nourrit plus guère que de baies, de fourmis et de limaces ? Ce n’est pas toi qui engraisserais avec un régime de raisins sauvages !

Et pourquoi grandit-il si vite durant les quatre ou cinq mois qu’il hiverne, alors qu’il n’avale pas une bouchée ?

Comment se fait-il que, pendant une période d’un mois et quelquefois de deux mois, la mère peut allaiter ses oursons, alors qu’elle dort encore ou à peu près ?

Son sommeil est à peine aux deux tiers lorsque les petits naissent.

Et pourquoi les petits ne sont-ils pas plus gros en venant au monde ?… Ce fameux naturaliste rigolait comme un bossu quand je lui ai dit que les petits grizzlys, à leur naissance, n’étaient guère plus gros que des petits chats de deux jours.

— Je comprends qu’il ait été sceptique, répliqua Langdon. Il y a quatre ou cinq ans, je ne l’aurais pas cru, Bruce. Je ne l’ai cru que du jour où nous avons déniché ces oursons dans l’Athabasca. L’un d’eux ne pesait que dix onces et l’autre neuf. Tu te souviens ?

— Et ils avaient une semaine, Jimmy, et la mère pesait huit cents livres.